Non classé

Endométriose recto-sigmoidienne (partie 2 : le réveil et les suites opératoires )

Dans l’article précédent je vous racontais comment s’était passée la journée précédent l’opération jusqu’à l’anesthésie. Dans celui-ci je vais aborder le réveil et les jours qui ont suivi en soins intensifs.

  1. La salle de réveil :

Je la connaissais déjà puisque j’y étais en transit lorsque j’attendais pour me faire opérer. La première chose que j’ai demandé à l’infirmière de garde c’est si je n’avais pas de stomie. Pour ce genre d’intervention, la stomie ( comprendre « poche à caca » ) est possible dans les quinze jours qui suivent l’opération. Ce n’est uniquement qu’en cas de grosses complications, de suintement de la suture du côlon, de déchirure du tube digestif. Il faut donc être très prudent dans les semaines qui suivent une telle intervention.

Les médecins m’avaient prévenue que j’aurai une sonde urinaire, je n’y ai donc pas échappé. En soi ce n’est pas très agréable mais cela reste supportable jusqu’au moment où elle est retirée. La douleur ressemble à celle d’une cystite mais ne dure que quelques minutes.

On m’a renvoyée assez rapidement dans ma chambre, la 326, en soins intensifs. J’étais encore très groggy de l’anesthésie et j’avais extrêmement soif et mal à la gorge. L’intubation nécessaire lors des opérations irrite le larynx et crée des glaires franchement désagréables d’autant plus quand on n’a pas le droit de boire et que pour les évacuer il faut tousser ce qui fait horriblement mal au ventre. Dans ces cas-là vous pouvez demander une compresse humide que vous pouvez suçoter pour humecter les lèvres et la bouche afin d’être soulagée au moins à ce niveau.

2- La première nuit

Ce fut la pire pour moi et certainement la plus longue car je n’ai pas dormi une minute. J’ai réussi à mettre tout en œuvre pour activer mes connaissances sur les techniques de respiration yogique qui m’ont aidée à rester dans mon corps et évitée de sombrer dans des angoisses trop profondes. J’étais surveillée par un monitoring cardiaque très sensible et mes constantes variaient énormément, j’avais beaucoup de palpitations (je passais de 80 battements/minutes à 135!) . L’inspiration ventrale, puis thoracique et claviculaire suivie d’une expiration longue m’ont permis d’installer une stabilité dans la respiration et dans les battements de mon cœur. Je ne pouvais pas bouger, et malgré la musique de relaxation que j’avais branchée sur mon téléphone, il m’était très difficile de me calmer. J’ai donc complété la cohérence cardiaque avec des exercices de Nâdi sodhana pranayama, à savoir la respiration alternée. Les huiles essentielles que j’avais emmenées ont non seulement remporté un franc succès auprès des soignantes mais m’ont aussi beaucoup soutenue durant cette nuit et les exercices de respiration. Je vous conseille vivement si vous les supportez 🌿:

  • Mandarine et Petit grain bigarade: aide à réduire le stress avec son odeur rassurante.
  • Lavande vraie : apaise le mental .
  • Menthe poivrée : pour les nausées.

La douleur était en revanche assez supportable et je me suis rendue compte que des douleurs post-opératoires après une telle intervention étaient équivalentes à mes douleurs de règles….classiques! De plus j’étais perfusée avec des anti-douleurs ( anti-inflammatoire, paracétamol). J’avais accès à une pompe à morphine qui ne m’a pas servi une seule fois! Cela a surpris le personnel soignant, mais je crois que lorsqu’on est habitué à la douleur, on a un seuil assez élevé avant de faire usage à de puissants antalgiques comme la morphine. Lors de la deuxième opération j’avais eu plusieurs injections de morphine, que de chemin parcouru en terme de douleur depuis…

Lors de cette nuit, j’ai appris que je pouvais avoir des fourmis dans…. les joues! Les rares fois où cela m’est arrivé c’est lorsque je faisais de monumentales crises de tétanie où mon corps entier s’ankylosait. Ces fourmillements sont normaux car on reste sur le dos pendant des heures et le sang circule mal. C’est pourquoi on vous injecte des anti-coagulants régulièrement (type Lovenox) pour éviter les thromboses et phlébites. Je ne vous raconte pas toutes les grimaces et contorsions que j’ai pu faire pour essayer de me défaire de cette sensation désagréable que tout un régiment de mille-pattes déambule sur vous. J’avais l’air d’un ver de terre perfusé.

Vers 4h du matin j’ai voulu me tourner sur le côté droit. La sonde urinaire « pendait » à gauche, et j’éprouvais le besoin d’être sur un côté, mais HORREUR! un autre tuyau pendouillait à droite…. un drain! Et ça ne je n’y étais pas préparée et je ne connaissais pas les joies de cet outil pourtant indispensable pour éviter toute surinfection.

3- Le lendemain matin :

Le staff d’infirmières et d’aide-soignantes qui s’est occupé de moi tout au long de ces cinq jours d’hospitalisation a juste été merveilleux. Toutes très humaines et à l’écoute, comme les deux chirurgiens qui ont fait un travail formidable.

Le lendemain matin les petites abeilles de la ruche sont donc venues me visiter dans mon alvéole et pour aider la larve que j’étais. Le retrait de la sonde urinaire s’est fait sans encombre, ce qui n’a pas été le cas du drain. Ce fut un moment terriblement douloureux. Imaginez quelque chose qui racle votre abdomen, à l’intérieur, alors que vous êtes conscient! Les infirmières ont été très douces mais savaient très bien que ce ne serait pas une partie de plaisir. J’ai pu à ce moment-là des soins constater les quatre trous qui m’avaient été faits (cela fait avec les autres opérations une dizaine de trous en tout sur le ventre). Le plus grand est une laparotomie, équivalent d’une petite césarienne de 5-6 cm et qui a permis au gastro-entérologue d’évacuer le segment de sigmoïde atteint par l’endométriose. Les cicatrices sont très belles et ne demandent pas de soins particuliers jusqu’à ce que les fils tombent. Ce qui m’effraie un peu est de savoir que j’ai maintenant des agrafes chirurgicales à vie dans l’abdomen…et ce qui me désole c’est que je ne pourrai même pas m’amuser à faire sonner les détecteurs dans les magasins !

Après une toilette effectuée par les soignantes j’ai commencé à me sentir déjà un peu mieux, nous étions en milieu de matinée, je n’avais toujours pas le droit de boire ni de manger mais au moins j’étais propre, je n’avais plus le drain, la sonde et j’étais dans ma chemise de nuit. J’ai tenté de me lever après le passage d’un des chirurgiens mais c’était peine perdue, j’ai fait une chute de tension et c’est seulement après avoir ingéré une gorgée d’eau et une compote millimètre par millimètre que j’ai pu m’assoir et prendre mon premier repas un peu plus tard.

4- Le premier repas après un jeûne de plus de 50h…

On m’a donné des haricots verts et du poulet grillé! (oui du poulet, et oui… grillé!) Autant vous dire que cela ne me faisait absolument pas envie et comme j’avais précisé que je mangeais sans gluten ni produits laitiers ça réduisait beaucoup l’éventail des propositions que la cantine de l’hôpital pouvait me faire. De toute façon c’est tristement connu, l’alimentation est le parent pauvre de la santé allopathique aujourd’hui.

Néanmoins j’ai constaté réellement avec ce premier repas l’importance de la mastication. Je n’ai pas pu m’empêcher à ce que raconte André Van Lysebeth dans Pranayama, la dynamique du souffle lorsqu’il aborde les organes récepteurs du prâna. Je vous mets la citation, ce sera plus facile à comprendre pour vous :

Les yogis lient le prâna au goût : aussi longtemps qu’un aliment dégage une saveur, c’est qu’il reste du prâna à extraire

Pranayama, La dynamique du souffle, André Van Lysebeth, 1971

Alors j’ai mâché, mâché les haricots verts jusqu’à ce qu’ils deviennent bouillie et surtout pas un poids pour mes intestins tout juste meurtris par une chirurgie importante. Je n’ai absolument pas touché au poulet, vous l’aurez compris. D’ailleurs le livre de France Guillain sur la mastication est d’utilité publique. La digestion commence dans la bouche et bien souvent nous avalons tout ronds nos aliments jusqu’à parfois les retrouver entiers au bout de la chaîne.

Le reste de la journée s’est bien déroulé malgré une fatigue intense et c’est quand j’ai revu mon requin frétillant que j’ai commencé à me sentir vraiment mieux.

5-La fin du « séjour » :

Les jours qui ont suivi m’ont permis de me remettre doucement de cette lourde intervention et surtout de d’acquérir une certaine autonomie pour pouvoir être chez moi sans avoir besoin de l’assistance permanente des infirmières. J’ai lu des articles de ma revue fétiche 3e millénaire dont vous pouvez trouver des exemplaires ici : https://www.revue3emillenaire.com/ . De nombreuses amies et des personnes de mon entourage m’ont écrit pour prendre de mes nouvelles, leur répondre m’a fait beaucoup de bien. Ne négligeons pas la présence humaine quand on est malade, elle est indispensable pour aller mieux et vite! J’avais aussi près de moi une de mes labradorites chéries et un quartz rose.

J’ai pu me lever seule et aller aux toilettes, me laver en autonomie toute relative. Je suis rentrée chez moi au bout de cinq jours et je vous écris actuellement depuis mon lit.Je ne peux pas encore me doucher seule, ni faire à manger, mais je ne doute pas que cela viendra vite.

Je suis arrêtée un mois dans le cadre de mon travail et je dois faire attention à mon alimentation (pauvre en résidus notamment au début) , ainsi que de ne pas faire de gestes trop brusques, ni porter des choses trop lourdes, ni forcer sur la voix….

Je suis sortie de l’hôpital avec des piqures quotidiennes d’anti-coagulants, et des antalgiques et un indispensable repos!

Je vous raconterai le déroulé de ce mois de convalescence. Le risque de stomie est présent encore pendant une quinzaine de jours et je revois le gastro-entérologue fin janvier. Je croise les doigts pour que tout se passe bien. Si vous avez des questions à me poser, n’hésitez pas à les poser ici ou sur mon instagram @herbier_celeste

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s