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Endométriose recto-sigmoïdienne (partie 1 : l’opération)

Après cinq jours en unité de soins intensifs me voilà de retour et en forme mentalement pour vous raconter par le menu ces jours qui furent très intenses.

J’ai été opérée d’une endométriose recto-sigmoidienne avec lésions sous péritonéales profondes avec la technique du laser CO2 et une résection d’un segment du côlon sigmoïde. J’ai également bénéficié d’une antéfixation de l’Utérus pour éviter des récidives dans la zone du rectum!

1- La préparation à l’opération.

Lorsque l’on doit faire des examens au niveau du côlon ou des cœlioscopies on demande aux patients une préparation. Il en existe deux types. Le premier, j’en ai déjà parlé, c’est le fameux clystère moderne Normacol où l’on doit s’injecter par voies naturelles un liquide qui va déclencher un réflexe d’émission des selles. L’autre type est beaucoup plus radical et s’appelle ni plus ni moins « la purge ». Alors non, vous ne devez pas sortir la veille de l’intervention déguisé en Winnie l’Ourson pour tuer tout le monde, mais ceux qui ont dû passer une coloscopie (à savoir un examen du côlon) connaissent bien cette purge. Les médecins ont plusieurs méthodes, celle à laquelle j’ai eu le droit m’a semblé bien moins traumatisante que boire des litres entiers de préparation colique.

Le matin, vers 7h30 j’ai eu le droit de manger quelques biscottes avec du beurre et de la confiture et une tisane. Je ne savais pas à ce moment là que j’allais avoir un jeûne de …53 heures! Moi qui me faisais tout une histoire de la pratique du jeûne de 24h, aujourd’hui je m’en sens vraiment capable.

8h : première fiole d’un produit appelé Recholan (Non non, pas Ricola!!) très salé à prendre dans un verre d’eau. Avant il faut aussi boire un grand verre d’eau et après deux . Le médecin conseille de le mélanger avec du jus de pommes pour que « ça passe mieux ». En soi lorsque le produit passe dans la bouche c’est acceptable comme goût, ce sont surtout les nausées post ingestion qui sont terriblement gênantes si bien que j’ai dû prendre un anti-émétique pour éviter de rejeter la préparation. 🤢

Là où c’est fun c’est que cette préparation doit se faire une deuxième fois vers 17h. Entre temps, toute la journée on doit boire et on se vide littéralement par les voies naturelles basses. Ce n’est pas une partie de plaisir mais ça reste surmontable, surtout que j’avais prévu le coup en mangeant assez peu les jours précédents pour éviter de ne pas trop « en chier » (pardon, c’était facile).

Le soir , j’ai enlevé tous mes bijoux et piercings…et j’ai effectué ma première douche à la bétadine (anagramme de tibétaine 🤣). J’avais faim mais je n’étais pas trop envahie par le stress car étant à ma troisième intervention, je savais plus ou moins comment ça allait se passer.

2- L’admission à la clinique et l’entrée en chambre

Le matin j’ai repris une douche à la bétadine, en faisant les cheveux. J’ai de longs cheveux, autant vous dire que je savais qu’ils allaient souffrir de ce traitement, mais je n’avais pas le choix cela fait partie des codes d’hygiène. J’ai terminé de préparer mon sac et nous sommes partis, mon requin et moi à la clinique.

En cette période de COVID-19, les accompagnants ne sont pas toujours les bienvenus. J’avais moi-même dû passer le test PCR ce qui n’était pas le cas de mon Requin favori. Mais les infirmières ayant vu la tête du Requin, ont accepté qu’il monte avec moi jusqu’à ma chambre. Les longs couloirs d’hôpitaux à la fois très calmes et très actifs, sont toujours angoissants. Nous sommes arrivés en chambre il devait être 11h du matin et je passais au bloc opératoire à 13h.

Une infirmière vient vous voir pour vous poser tout un tas de questions : êtes-vous bien à jeun et depuis combien de temps? avez-vous bien fait la préparation colique? avez-vous rasé la zone d’opération? (Non…Aïe!) quel poids faites-vous? avez-vous des enfants? avez-vous fait le test covid? etc… Cette super interview dure au moins vingt minutes, et en même temps elle prend les constantes ( tension, rythme cardiaque). A ce moment-là, le Requin devait quitter la baie et repartir dans les eaux profondes de notre maison. Puis après on vous laisse attendre jusqu’à ce qu’un brancardier vienne vous chercher pour le bloc.

J’ai dû attendre à peu près une heure toute seule, pendant cette durée j’ai fait beaucoup d’exercices de respiration yogique notamment la Ujjayi qui m’a beaucoup aidée à me recentrer sur mon présent. J’ai regardé les détails de la chambre, en somme je me suis approprié le lieu comme j’ai pu en essayant de me demander de quoi j’aurai besoin facilement la première nuit après le réveil. Pour moi c’était mon téléphone, éventuellement la télécommande de la télévision pour avoir un bruit de fond, mes pierres fétiches (une labradorite et un quartz rose) et une petite peluche à laquelle je tiens beaucoup.

Vers 12h45 le brancardier arrive déjà, avec son fort accent provençal il me dit « Allez c’est bon, vous faites pipi et on y va ».

3- L’arrivée au bloc

Bon. Il a dit « on y va »… Sur le chemin il m’annonce : « Vous allez être en salle de réveil avant l’intervention, il y a déjà des personnes opérées, ne prenez pas peur ». Je crois que j’ai dû baragouiner un « D’accord Monsieur » et que mon cœur a commencé à danser le twerk au fond de ma poitrine. (« Ô Djadja, y’a pas moyen djaja! » )

Là, l’attente fut très longue même si en vérité j’ai dû y rester peut-être 20 minutes en tout. Il y avait beaucoup d’agitation autour de moi. Un hôpital ça m’a toujours fait l’effet d’une ruche ou d’une fourmilière en perpétuelle ébullition. J’ai fait connaissance avec l’infirmière de la salle de réveil, adorable personne qui m’a rassurée tout de suite en me disant qu’elle était là pour s’occuper de nous. Je la voyais faire avec les gens comateux qui sortaient de leur propre intervention et je savais qu’elle serait vraiment chouette.

Assez vite on vous met sur un brancard un peu particulier car il est plus étroit que le lit de la chambre, mais il est utile pour entrer au bloc. Je suis encore passée par une zone intermédiaire pendant dix minutes. Durant ce temps j’ai rencontré l’anesthésiste, très gentil qui m’a parlé d’autres choses que ce qu’on allait me faire, l’infirmier anesthésiste qui a posé le cathéter. Personnellement j’ai demandé à ce qu’il soit placé au poignet, j’avais le souvenir qu’à la pliure du coude cela avait été très douloureux et que pour lire c’était impossible. Pensez à demander la pose du cathéter à l’endroit où cela vous gênera le moins. J’ai eu le droit à un myorelaxant préparatoire ce qui m’a rendue toute stone.

Le premier chirurgien qui s’occupait de moi, le spécialiste de l’endométriose, est passé me voir, me redire ce que lui et son collègue gastro-entérologue allaient faire et a tout fait pour me rassurer.

Quand tout cela est fin prêt, il faut sauter dans le grand bain! Le personnel vous emmène au bloc, où il fait très frais. Vous êtes revêtu d’une magnifique chemise d’opération ultra tendance et complètement à poil! La table d’opération m’a semblé tellement confortable par rapport à ce que j’ai connu précédemment. J’avais un souvenir de table froide métallique, droite et dure, pas du tout agréable pour le dos. Là j’ai été surprise de me retrouver face à un matelas chauffant ( oui chauffant!). Je n’ai pas pu m’empêcher de plaisanter sur le luxe auprès du staff présent ce qui a bien fait rire tout le monde.

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Ernest Board, William Thomas Green Morton utilisant l’éther comme anesthésique en 1846

L’anesthésiste m’a demandé ce que je lisais en ce moment pendant que je m’installais sur la table. Je ne perdais pas le nord pour autant et je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer tous les écrans, les tuyaux et les fils autour de moi pendant que je lui parlais de Bouddhisme, de Taisen Deshimaru et du Mahâbhârata. J’ai le souvenir d’avoir aussi abordé avec lui la Bhagavad-Gîta ( Le chant du Bienheureux dont il avait entendu parler) avant qu’il ne me retire mon masque covid et ne me mette un autre masque à la place. Il m’a demandé d’inspirer profondément, d’expirer…. j’y allais de bon cœur, mais j’avais beaucoup de mal à prendre de l’air. Les dernières paroles que j’ai comprises de lui furent « Vous avez la sensation de vous étouffer, c’est tout à fait normal » et puis après…. trou noir!

Les suites opératoires, le réveil et tout le tralala, je vous le raconte dans le prochain article!

Et vous, avez-vous déjà subi une anesthésie générale? une opération? comment l’avez-vous vécue?

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