Non classé

Le Monde ancien connaît-il ses dernières heures? Réflexions sur l’énergie de Samhain 2020 🎃

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais le monde dans lequel on vit connaît sans doute ses dernières heures. Ces réflexions me viennent en cette pleine période automnale où le passage à la saison sombre de l’année se fait imminent et que la fête de Halloween est propice aux remises en questions et aux renversements. Les derniers événements en France ne font que confirmer ce qui va suivre.

Hier je me suis entendue prononcer la phrase suivante « La Civilisation moderne s’effondre« . Cela ne date pas d’hier et ma prise de conscience n’est pas récente non plus, mais avec l’actuelle crise sanitaire et les autres événements cruels j’ai l’impression que l’effondrement devient plus tangible, et je crois qu’il est temps aussi d’en faire le deuil pour que des cendres renaissent un Monde que j’espère meilleur. Pour paraphraser le titre du livre de l’activiste écoféministe Starhawk :Quel monde voulons-nous? A l’heure où les cafés, les théâtres, les restaurants, les lieux de culture sont fermés, le temps est venu de résister par tous les moyens pour bâtir autre chose.

Je ne fantasme pas du tout une fin du monde, mais je questionne la fin d’un Monde. Nul besoin de trompettes de l’Apocalypse et de l’Antéchrist, les humains parviennent très bien à habiter la terre comme ils habiteraient l’Enfer. Les choix appartiennent à chacun, encore faut-il avoir tous les paramètres pour faire les bons!

Alors que l’Amérique s’apprête à élire un nouveau président, baignée dans l’hypocrisie démocratique, alors que l’Occident se bat contre de multiples ennemis sanitaires, pseudo-religieux et économiques, de nombreux individus prennent le large et décident de vivre autrement. Pour moi c’est bon signe, même si les déviances liées à la COVID 19 sont nombreuses et excitées par des médias friands d’attiser la peur chez la population. Les menaces sont nombreuses, nos libertés sont atteintes avec une argumentation médicale pour appuyer les décisions les plus abracadabrantesques les unes que les autres.

Du coup je me demande quels sont les choix que l’on peut faire, tout en sachant que cela ne peut qu’empirer d’années en années à moins d’un éveil massif et collectif. Il serait illusoire de se rouler dans un angélisme crasse tout comme dans un discours collapsologique déprimant. Faire un deuil entraîne automatiquement une célébration de la VIE, même si cela prend du temps et que ce n’est pas au premier abord ce à quoi nous pensons quand on observe la déliquescence du monde. A l’instar des arbres qui se dépouillent de leurs dernières feuilles à l’automne, n’oublions pas la sève qui dort dans nos racines profondes. Nos origines sacrées.

Ne restons pas à nos balcons seulement pour applaudir des héros d’un système hospitalier sous cathéter. Agissons, car en chacun de nous se trouvent les graines d’une autre société. Beaucoup de personnes prennent conscience que la surconsommation de masse n’apporte pas le bonheur, que ce n’est pas avec du « pain et des jeux » que l’on établit des structures vraiment solides. L’avenir est ailleurs, la vérité aussi.

Il n’y a plus de déguisement, le système ne prétend plus servir vos intérêts. Et lorsque vous sortirez de prison, vous verrez où la prison se dissimule, dans les galeries commerçantes, l’école, le programme de télévision. Vous saurez qu’à tout moment vous avez vraiment un choix : dire oui, résister, créer quelque chose de nouveau.

Starhawk, Parcours d’une altermondialiste, édition française 2004

Alors la seule solution qui s’impose à nous, à ceux qui refusent de se soumettre à une société progressiste toujours tournée vers la croissance et le mensonge, c’est la préparation, même si on ne sera jamais tout à fait préparés car il est impossible de savoir exactement de quoi sera tissé l’avenir. La seule graine que nous devons accepter de laisser au fond de nous est celle de Pandore, est l’ESPOIR.

Ce que je crois c’est qu’il est une réalité et que le meilleur moyen de vivre dans cette réalité c’est d’en connaître les limites pour savoir comment s’en défaire et être en accord profondément avec ce que nous sommes et nos valeurs!

« Il est de mon devoir, en tout état de cause, de m’assurer que je ne contribue pas au mal que je condamne. »

Henri David Thoreau, La désobéissance civile, 1849

Comment se préparer?

🎃Se préparer mentalement. La crise de la COVID 19 a mis en valeur que l’on pouvait vivre avec une consommation moins excessive, laissant la Nature récupérer ses droits, pour un temps seulement. Certains humains, notamment dans les villes isolés dans de petits appartements, ont très mal vécu le fait d’être enfermés, néanmoins l’actualité démontre qu’un deuxième confinement, partiel, est imposé. Comment se préparer mentalement à survivre à cette deuxième vague de la crise sanitaire ? Je dirais notamment de ne pas céder à la peur de manière excessive.

La peur est le plus grand ennemi de l’homme. Cette peur peut prendre des formes aussi diverses que la honte, la jalousie, la colère, la mauvaise humeur, une conduite arrogante et insolente, une manière désinvolte de parler aux autres, en fonction de ce qui fait plaisir à soi-même et sans tenir aucun compte des sentiments de l’autre, etc. Quelle est la cause de la peur? Le manque de confiance en soi. Pourquoi ce manque de confiance? A cause d’une action qui a été désapprouvée par quelqu’un d’autre et pour laquelle on a été rejeté, battu, blâmé

Swami Prajnanpâd, Lettres à ses disciples, T3.
  • La peur a un effet néfaste sur le système immunitaire qui a besoin d’autres nourritures, et c’est là que nous avons du pouvoir car nous pouvons encore choisir ce qui nous nourrit. Entretenir une hygiène mentale qui tient la route revient à ne pas s’abreuver tous les jours de ce que peuvent dire les mer*dias et à faire savamment le tri entre ce qui est bon pour notre équilibre intérieur et ce qui ne l’est pas. Il s’agit d’une invitation à voir plus loin : se préparer mentalement à vivre cette deuxième vague c’est aussi se préparer pour l’avenir où les pénuries s’étendront peut-être à d’autres domaines plus indispensables que les pâtes et le papier toilette pour vivre. Cela revient donc aussi à consommer moins et à faire des choix dans nos nourritures mentales qui seront le terreau idéal pour se relever plus tard. Ce qui fait le bonheur quotidien se réduit à peu de choses et sans aller dans une lecture superficielle de la pyramide des besoins de Maslow, je pense que l’on peut facilement établir pour soi une liste ce qui nous semble prioritaire pour aller bien.
  • 🎃Se préparer physiquement : Un virus très contagieux, de nature pandémique menace l’humanité toute entière, c’est ce que rabâchent les médias à longueur de journées, entrecoupés par les informations sur des attentats meurtriers et sanguinaires qui souillent injustement le cœur de millions d’adeptes innocents et qui n’ont rien demandé! Cependant cette humanité, notamment la partie riche et occidentale biberonnée au capitalisme, est peuplée d’hommes et de femmes dont le physique est devenu faible et qui ploient sous n’importe quelle maladie virale ou bactérienne. Je mets à part ceux dont le système immunitaire est affaibli pour d’autres raisons. Je parle surtout d’un ventre mou de la population qui se nourrit mal parce qu’elle ne se laisse pas d’autres choix, ou qu’elle pense qu’elle n’en a pas d’autres. J’ai le souvenir que mes propres grands-parents, et que mes parents avaient un système immunitaire bien plus développée en raison d’un mode de vie adéquat pour l’humain : la marche, une nourriture saine et pas de surcharge mentale excessive imposée par le tout numérique. Se préparer physiquement tend aussi à accepter notre condition d’Homme, que nous pouvons être faibles face à une Nature bien plus forte que nous et que seule la force physique n’apporte aucune garantie de survie au sein de cette dernière. N’oublions pas les sagesses anciennes qui distillaient aux élus les secrets des plantes, n’oublions pas que nous devons nous trouver en accord avec notre environnement plutôt que contre lui. Je finirai le paragraphe sur la haine qui, sournoisement, putréfie le coeur des Hommes et qui les fait s’affronter entre eux pour de mauvaises raisons…Je trouverais vraiment triste que nous devions aussi nous préparer physiquement à défendre des territoires que d’autres humains voudraient s’approprier. Faire le »fort » ne rend pas intelligent et manifeste certaines faiblesses de l’Ego mais offre un certain pouvoir. Reste à savoir de quel pouvoir nous avons besoin.
  • Se préparer matériellement : ce que la crise actuelle vient souligner est l’importance de l’argent et de la consommation.

« Le grand problème de la production capitaliste n’est plus de trouver des producteurs et de décupler leurs forces, mais de découvrir des consommateurs, d’exciter leur appétit et de leur créer des besoins factices. »

Paul Lafargue, Le droit à la paresse, 1883
  • Des entreprises, notamment les petites et moyennes, les autoentrepreneurs véhiculant du contenu culturel vont énormément souffrir des dégâts collatéraux de ce système vérolé qui ne nourrit que les grands. En un an et demi j’ai vécu deux déménagements, et j’ai beaucoup réfléchi au matériel et à l’importance que j’y accordais. Le minimalisme a le vent en poupe, IK*E*A en fait une belle marque de fabrique à coup de publicité vendeuse, mais ce n’est pas qu’un seul effet de mode. Avec l’augmentation de la démographie et la réduction des espaces viables, le matériel devra(it) prendre une autre place dans notre existence. Cela rejoint l’idée de la pyramide des besoins. J’ai le souvenir d’avoir vécu dans une maison très ancienne,utilisant des jouets et vêtements récupérés à droite à gauche et un contact permanent avec le jardin. Aujourd’hui, tout est cher, le moindre kg de fruits et légumes a subi des kilomètres de transport pour atterrir, pas mûr, sur nos étals. Là où la préparation matérielle a son rôle à jouer c’est qu’il va falloir de plus en plus privilégier les circuits courts, les agriculteurs et éleveurs locaux pour favoriser une économie immédiate qui va du producteur au consommateur. J’ai récemment entendu, lors de la période du ramassage des pommes,que les « gens » ne voulaient plus venir glaner au pied des arbres les pommes tombées à terre car invendables pour le système calibré. Que de nourriture perdue! La création de jardins communautaires et partagés permet aussi l’accès à une alimentation moins onéreuse. Nous pouvons faire des économies de bouts de chandelles qui au final pourront, mis bout à bout, tamponner les charges de plus en plus lourdes. Mais ce n’est pas l’objectif d’une vie que de payer des charges! A terme il faudra penser à l’autonomie, à investir dans un habitat plus petit, moins coûteux, et mutualiser ce dont nous n’avons pas besoin tous les jours.
  • 🎃Se préparer spirituellement : reste le dernier aspect de la préparation qui est propre à chacun.e. Quelle que soit la religion à laquelle on appartient, à laquelle on s’associe ou se rallie, la préparation face à l’avenir doit être orientée vers un but commun : le bien de tous, le partage, la tolérance, l’amour. Ces mots ont malheureusement été galvaudés par des politiques successives ignorantes du bien-être humain, mais portent en eux les fruits précieux et nourriciers qui rendent la vie savoureuse. La célébration de la Vie doit se faire envers et contre tout et c’est aussi ça Samhain, la mise en valeur de la ténuité des frontières entre les mondes. Quand on se trouve d’un côté, il est tellement incroyable de penser que l’autre est aussi accessible. L’Eveil passe par l’abandon des écailles inutiles de l’arrogance, de l’orgueil, de l’aveuglement lié au pouvoir sur l’environnement ou le cours des choses. Il passe par un embrassement de ce qui EST, positif et négatif, qui se fait brasier, feu intérieur. Si nous acceptons ce qui EST, dans notre quotidien, nul besoin de soucier du futur, tout en mettant en place ce qui, maintenant, est POSSIBLE.

Sur une île verdoyante, une vache vivait dans la solitude. Elle y paissait jusqu’à la tombée de la nuit et engraissait ainsi chaque jour. La nuit, ne voyant plus l’herbe, elle s’inquiétait de ce qu’elle allait manger le lendemain et cette inquiétude la rendait aussi maigre qu’une plume. A l’aube, la prairie reverdissait et elle se remettait à paître avec son appétit bovin jusqu’au coucher du soleil. Elle était de nouveau grasse et pleine de force. Mais, la nuit suivante, elle recommençait à se lamenter et à maigrir.Le temps avait beau s’écouler, jamais il ne lui venait à l’esprit que, la prairie ne diminuant pas, il n’y avait guère lieu de s’inquiéter de la sorte.Ton ego est cette vache et l’île, c’est l’univers. La crainte du lendemain rend la vache maigre. Ne t’occupe pas du futur. Mieux vaut regarder le présent. Tu manges depuis des années et les dons de Dieu n’ont jamais pour autant diminué.

Djalâl ad-Dîn Rûmî, Le Menesvi, Paris, Albin Michel, coll. « Spiritualités vivantes », 2009

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s