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Se sortir d’un relation toxique (partie 1)

Quand une pensée m’empêche de dormir et me tient tout une nuit, je me dis que c’est une nécessité vitale que je l’écrive tout de suite. D’une part pour partager mon expérience, et d’autre part pour aider les autres si je suis en mesure de le faire.

Car oui j’ai cette prétention aujourd’hui!

Dans ma vie j’ai été confrontée à plusieurs relations toxiques (amicales, familiales, et même amoureuses). Toutes m’ont apporté un plus dans mon existence, malgré les souffrances, et c’est pourquoi je peux écrire maintenant que tout cela est derrière.

J’aimerais évoquer la toxicité dans les relations privées et non professionnelles que je ne connais pas mais que je ne doute pas connaître un jour, malheureusement. Comme chacun le sait les comportements inadaptés sont légions, quelque soit le domaine où nous les rencontrons.

La relation entre deux êtres se base normalement sur la confiance. D’abord en soi, puis au fur et à mesure que les liens se tissent, en l’autre. Mon développement suivra le déroulement suivant,il s’échelonnera sur plusieurs articles car un seul serait beaucoup trop long et indigeste à lire

0- Introduction

I- La relation toxique à soi.

II- La relation toxique en famille et avec les éducateurs.

III- La relation toxique en amitié.

IV- La relation toxique en amour.

V- Quelques pistes pour (sur)vivre ou vivre sûr(e).

Ces parties suivent ma logique, vous avez tout à fait le droit de ne pas être en accord avec moi, la partie commentaires étant faite pour vous exprimer

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Introduction

Quand on parle de toxicité, de quoi parlons-nous? D’une substance ou d’un corps étranger dont les molécules nous rendent malade,comme les amatoxines des champignons vénéneux, qui après ingestion maladroite nous rappelle à notre finitude.

Qui dit toxique, dit « effets néfastes », « poison »…

Et même si le célèbre adage populaire de Paracelse a son fond de vérité…

« Tout est poison, rien n’est poison, c’est la dose qui fait le poison »

quand il s’agit de relations… c’est tout autre chose. Un autre proverbe a la peau dure « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » … Malgré tout il est parfois très dur de se remettre de ces expériences relationnelles négatives.

I-La relation toxique à soi ou l’auto-destruction

Je crois que c’est celle dont je pourrais vous parler le mieux. Et pour moi c’est le point de départ et en même temps le point d’arrivée

Tout commence avec SOI mais aussi avec les autres ( c’est ce que nous verrons dans les parties suivantes de l’article).

Avec ce que nous sommes profondément, notre construction, ce qui nous a bâti, ce qui nous a construit et déconstruit. Je vois notre psyché, notre mental comme un tricot où chaque rang correspond à des expériences vécues… Et dans un tricot, il y a des ratés, alors on détricote, on comprend nos erreurs et on recommence.

Parfois le trou est tellement grand qu’il est difficile de repriser pleinement l’ouvrage, alors on maquille les mailles manquantes pour en faire un ensemble plus beau, plus harmonieux.

Nous sommes notre premier enfer, le premier cercle infernal dans lequel notre petite personne aime parfois se perdre pour nous jouer des tours. Mais il existe toujours des solutions pour entraver les pieds du méchant démon qui aime se jouer de nous.

  • A partir de quel moment peut-on dire que nous avons une relation toxique avec nous ?

La réponse est simple : dès lors que nous laissons des croyances, des jugements et des remarques cruels prendre le dessus dans notre quotidien. Quand cela devient presque un processus inconscient, que c’est ancré en soi et que cela devient un mode de fonctionnement quotidien et donc pernicieux tant il s’est inscrit dans notre chair.

Cela porte un autre nom : l’auto-destruction ou l’auto-sabotage.

Plus jeune il m’arrivait de rire, incrédule, lorsque l’on me disait « tu ne peux pas aimer les autres si tu ne t’aimes pas toi-même ». Je riais parce que je n’y croyais tout simplement pas, cette phrase n’avait qu’un sens poétique, joli et esthétique, mais sans plus…

J’ai même eu la prétention de dire cette phrase à des personnes que j’ai aimées, sans pour autant m’être appliquée à cette jolie formule. Et c’est ainsi que beaucoup d’entre nous offrent leurs services, leur amour, leur amitié aux autres tout en se voyant au fond d’eux comme la plus vieille et la plus puante des merdes séchées.

  • Quelles sont ces petites phrases à l’odeur méphitique et pestilentielle pour notre bien-être intérieur?

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« Je suis nul/ nulle » en d’autres termes c’est quand tu te dis que tu es un zéro pointé, un vaut rien, un raté des chemins qui ferait mieux de faire la manche plutôt que de poursuivre tes efforts pour vivre heureux/se

L’enfant attend souvent de la part de ses professeurs, de ses amis, de ses parents, une validation de ce qu’il est en train de faire.

C’est au travers du regard des autres qu’il se construit et qu’il bâtit sa confiance en lui et son estime de lui. Les deux sont d’ailleurs complémentaires. Si un enfant a de l’estime pour ce qu’il fait, il se sentira en confiance et n’aura pas peur de l’échec. Derrière le « je suis nulle, nul » , c’est le démon de l’échec qui se cache et qui nous dame le pion du bonheur. Si la grosse bête est maîtrisée, plus aucune raison d’avoir peur de se tromper ou de ne pas tout faire correctement du premier coup. Toute cette construction se fait par le biais de l’éducation, de l’amour donné par les parents à l’enfant et de leur faculté à l’aider à faire fructifier ses capacités. Il en va de même pour les enseignants, les éducateurs, qui devraient se préoccuper aussi des particularités de chacun plutôt que d’essayer de faire rentrer un bloc de terre cuite dans un moule trop étriqué. Chaque enfant est une graine qui poussera à son rythme, à sa manière. Le tuteur n’est là que pour lui éviter de prendre des mauvais chemins, pas pour l’étouffer.
« Je suis moche » « Je suis gros/ grosse » maladie d’un siècle de l’image? Non, pas tellement car cette pression sur l’apparence a toujours plus ou moins existé et existera forcément toujours. Je dirais juste qu’elle ne prenait sans doute pas les mêmes proportions avant la prédominance d’internet dans le quotidien et que les préoccupations liées au look atteignaient surtout les personnes dont le rang le leur permettait.

Les temps évoluent et les codes des modes qui les traversent avec. Actuellement c’est une grande partie de la population qui est touchée par les soucis d’apparence.

Je crois que la société humaine n’a pas connu son pareil avant l’apparition des réseaux sociaux dans le quotidien des personnes lambdas. La société de l’image, de l’apparence, de ce qui est « instragrammable » ou ce qui ne l’est pas rythme la vie de beaucoup d’individus. Cela crée chez certains d’entre eux des complexes monstrueusement réducteurs que le mouvement « body positive » essaye d’étouffer depuis un peu plus de vingt ans.

A force des voir des corps parfaits sur les réseaux sociaux, des maquillages exceptionnels et des artefacts du bonheur, le quidam qui prend le tram, le métro ou le RER à l’odeur si sympathique, a de quoi se poser des questions sur sa propre vie s’il est fragile ou influençable.

Bien sûr on pourrait trouver tout un tas d’autres phrases méprisantes à notre encontre, et on trouvera toujours une raison de se trouver tous les défauts que la Terre entière peut imaginer… Ne vous-êtes pas déjà dit, presque inconsciemment « oh mais quel con, mais quel CON!  » (conne, ça marche aussi!)…. « mais qu’est-ce qui m’a pris?? » Eh oui, les erreurs font partie du quotidien et sont là pour éviter de tourner en rond…

Quand on entre lentement dans la vénéneuse folie de la comparaison

« Les autres et moi » : une infusion indigeste

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Lorsque l’on manque singulièrement de confiance et d’estime de soi, les pensées toxiques vont bon train. Elles ont le tapis rouge et s’associent gaiement à la folie de la comparaison aux autres, comme si ce n’était pas suffisant.

Dans notre vie nous avons tous rencontré des gens doués, des personnes que l’on a estimées plus douées que nous et dont la réussite nous rappelait combien, nous aussi, nous aimerions être reconnu(e) pour ce que nous sommes.

En soi cela ne devrait pas être un problème que d’admirer l’autre pour ce qu’il sait faire et pas nous. Lorsqu’on est suffisamment humble et confiant en soi, voir quelqu’un réussir devrait être une sorte de moteur, de modèle qui nous encourage à nous dépasser, à aller au-delà de ce que nous savons faire et à sortir de notre zone de confort.

De plus est-il si nécessaire que cela d’imiter l’Autre à tout prix pour se sentir valorisé(e)? Nous pouvons le suivre, l’admirer et qu’il soit une source d’inspiration plutôt qu’une source de dévalorisation personnelle.
Les inconnus du WEB : un cran au -dessus?

Les écrans d’ordinateur ou de téléphone sont le filtre idéal pour faire sombrer les auto-sabotteurs dans leur mal-être… ces images qui montrent combien leur vie est terne, qu’elle manque d’intérêt, qu’ils n’ont pas les dernières chaussures à la mode. Les photos où l’on voit, de dos, des promeneurs posant devant des paysages magnifiques à la manière de Friedrich sont la représentation d’un nouveau Romantisme lissé, parfait, où la vie n’est réduite qu’à une photo likable et associée à un #hashtag populaire.

Un jour, une de mes plus fidèles amies m’a dit « il ne faut pas se comparer aux autres, c’est la pire des choses qui puisse arriver ». Être bien avec les autres commence donc par être bien avec soi et ne pas s’éparpiller dans la comparaison du physique, de la réussite d’autrui, de ses capacités intellectuelles.

Pas besoin d’avoir un doctorat en psychologie pour établir qu’il existe de multiples intelligences dont les manifestations sont aussi variées que les milliards d’humains sur cette Terre.

De plus , nous ne savons jamais ce qui se passe dans la vie des gens. On peut montrer que tout va bien sur instagram ou facebook ou même dans la vraie vie, mais au fond de soi être mal, souffrir d’une maladie terriblement douloureuse et handicapante, avoir des problèmes sentimentaux, familiaux, professionnels…

Découvrir de la valeur dans le travail des autres ne nous dépouille pas de notre propre capacité à effectuer un travail de valeur. Là où notre vision de nous peut être toxique c’est lorsque l’on s’interdit de se dire que nous avons des qualités, des dons, des capacités… ou lorsque l’on ne fait qu’attendre des autres le fait qu’ils les valident.

Alors que faire du MOI baratineur… ?

« JE SUIS MOCHE ET ALORS???? »

C’est un équilibre à trouver. Je ne pense pas qu’il faille LUTTER contre soi, mais plutôt ACCEPTER d’abord notre propre discours. Le MOI aime bien baratiner pendant des heures, palabrer pour occuper l’espace et surtout éviter de se confronter aux vrais problèmes.

Bon il arrive au bout d’un moment où il faut arrêter de discuter et agir!

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Lorsqu’on a décelé les pensées qui nous limitent ou nous étouffent, quand on sait reconnaître les origines, les antécédents qui nous freinent… reste à penser les plaies pour qu’elles deviennent des tremplins pour rebondir. Cela nécessite un travail sur soi de longue haleine mais offre, à terme, un confort psychique sans précédent.
Se donner rendez-vous pour agir : Il faut savoir se rendre compte de ces pensées intrusives, savoir leur dire NON, et dire STOP.

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Toi, en train de dire NON à ton mental impoli !

Nous pouvons, en réponse, dégainer le parapluie anti-tempête et lancer l’ancre au bon endroit pour rester stable. Les orages sont toujours temporaires, mais ils sont aussi très beaux…et aussi sournois qu’un miroir aux alouettes.

Gare à la beauté des moments sombres qui peuvent séduire mais aussi encombrer nos gouttières d’évacuation.

Se nourrir de pensées constructives et s’entourer de personnes inspirantes permet de tordre le cou à ces mauvaises pensées aliénantes.

La richesse se trouve dans la diversité des parcours et dans la libre expression de ces derniers.

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