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Un monde meilleur, est-ce possible?

Mes chers lecteurs et mes chères lectrices, 

J’aimerais, aujourd’hui, vous parler d’un sujet qui me tient fort à cœur et qui est, à mon sens, très important à l’époque à laquelle nous vivons.  Il y a quelques années je suis tombée par hasard sur ce film de Coline Serreau, La Belle Verte, datant de 1996. Il m’avait frappée par sa vérité et sa sincérité utopiques d’un monde meilleur.

A la base j’ai créé ce site pour parler de mes passions premières : la sorcellerie, la Magie, Les ésotérisme(s), la nature et les animaux. Mais je crois que je ne veux pas que cela soit seulement un lieu de partage d’informations ou d’expériences magiques. Ou du moins je pense de moins en moins que la Magie se désolidarise de la vie quotidienne. La Magie est un art de vivre, d’ailleurs la notion d’art est bien plus tangible dans le mot anglais : Witchcraft! Je pense qu’elle fait partie intégrante de notre quotidien de sorcier et de sorcière et que même, poussons le vice jusque là, qu’elle EST le quotidien.

On dit souvent qu’en magie il faut faire attention à la loi du « triple retour »… que ce que nous envoyons dans l’univers, nous est renvoyé trois fois plus fort, que ce soit en énergie positive et négative. Cette loi s’applique aux relations humaines, dans la façon dont elles se tissent entre elles pour former un treillis harmonieux ou disgracieux.

Force est de constater que beaucoup d’hommes et de femmes s’éloignent de plus en plus de l’essence même de l’existence pour devenir des robots malléables et agressifs. Il sont agressifs en toute gratuité et toute impunité afin de défendre un lopin de territoire complètement imaginaire, pensant que le monde leur appartient et que la seule idée de possession d’un quelconque pouvoir qui s’exercerait par un mouvement du corps et de la parole, suffirait à les protéger d’un danger imaginaire.

J’irai même jusqu’à penser certains humains ont besoin de vivre au travers de l’agressivité et de la colère pour se sentir vivants. Comme s’ils s’adonnaient à la croyance qu’une « existence sans passion serait comme une morne traversée du désert, coupée de tout ce qui fait la richesse de la vie » (1) . La vie quotidienne nous impose de nous éloigner de notre humanité profonde et de nos capacités d’empathie, si bien que très rapidement la colère monte et l’agressivité est envoyée à qui veut bien la recevoir. C’est parfois même une autosatisfaction pour certains d’entrer en colère contre tout, que ce soit un petit événement ou non.

J’ai beaucoup de mal à supporter que le ton monte dans une conversation, ou qu’une discussion s’envenime à cause de détails que les participants eux-mêmes jugent souvent dérisoires a posteriori. Généralement, l’ascenseur émotionnel a fait suffisamment d’allers et retours dans les cerveaux et les a bien lobotomisés, ce qui fait qu’au final, dans la plupart des disputes, les retrouvailles sont difficiles.

Ne trouvez-vous pas que cette tension imperceptible mais pourtant bien présente et bien tenace, parcourt les rues et les réseaux sociaux, pourrit de plus en plus les relations jusqu’à les rendre impossibles à entretenir? 

Nous vivons dans un climat d’agressivité permanente. Que ce soit dans le passif agressif ou les démonstrations grandiloquentes de violences verbales et physiques.  Dans la rue les gens s’observent, se jugent, se scannent pour mieux se comparer ou se méfier. 

Ne m'approche pas....
Ne m’approche pas….

N’avez-vous jamais assisté, en tant que spectateur ou spectatrice, à une prise de bec virulente entre deux automobilistes ou deux clients à une caisse?  Les gens (se) parlent mal, et ça me navre.

Non, ça me désole…

Une fois j’ai assisté à la méchante apostrophe d’un client de supermarché qui s’est mis à parler à la caissière avec mépris, arguant « qu’il n’avait pas le temps d’attendre ».  Il était pressé et en oppressant l’autre il a fait valoir sa propre personne.

Une autre fois j’ai assisté à l’agacement non maîtrisé d’un père qui a donné un coup de pied dans la poussette de son bébé qui était en demande d’attention. Je voyais se construire sous mes yeux les premiers maillons d’une chaîne bâtie sur la violence, l’insécurité et le manque de respect.

Un jour de tempête diluvienne où l’on ne voyait pas à 5 mètres devant soi, deux personnes se parlaient avec grande violence pour un simple accrochage sans tôle froissée. On en revient à l’exemple du film de Coline Serreau, La Belle verte.  En voiture les gens deviennent fous, comme si le véhicule était le prolongement d’eux-mêmes. Une richesse matérielle qui se voudrait être l’écho de leur propre richesse intérieure. On est arrivé à un point où les âmes sont tapissées de billets de banque, et l’enfer est toujours pavé de bonnes intentions…

Ces exemples sont légions et je suis sûre que vous aussi vous avez dû assisté à de telles situations sans pouvoir réagir, ou en ayant un courage qui nous manque parfois trop souvent pour défendre les plus faibles et les opprimés. 

 

Un mouton peut en cacher un autre...
Un mouton peut en cacher un autre…

 

« La loi du plus fort est toujours la meilleure,

nous l’allons montrer tout à l’heure »

Vraiment? Est-ce ainsi, sur de telles valeurs,  que nous souhaitons bâtir notre monde? Sur une morale qui n’en est pas une, sur ce qui est un aveu à peine déguisé que c’est toujours le pauvre agneau qui succombera aux dents de sabre d’un prédateur plus puissant que lui… ?

Avec le temps qui passe, mon expérience de la magie, des tirages de cartes, de l’observation de mes semblables et de la nature, je ne peux que constater une envolée des comportements irrespectueux, narcissiques et égoïstes.

Serait-ce une forme ultramoderne cachée et vicieuse de ce qu’on appelle le Darwinisme social? Où seuls les plus forts ou les plus riches ont le pouvoir tandis que ceux qui ont une autre approche de l’existence s’en trouvent affaiblis car ils n’abordent pas les bons codes sociaux.

On répondra que dans la nature il n’y a pas que des gentils, que le lion attaque la gentille gazelle, que la cruauté existe dans le peuple animal, même que les animaux sont « méchants » eux aussi.

Nous aimons plaquer nos propres défauts sur ce qui est innocent et sur ce qui EST tout court.  Si un lion dévore son dompteur, n’est-ce pas le juste retour d’un esclavage que la bête n’avait pas à subir? Si le loup mange la brebis égarée, n’est-ce pas tout simplement pour se nourrir? Je ne suis pas certaine que les animaux soient aussi cruels que l’homme peut l’être. Ce qu’on appelle « cruauté » chez l’animal n’est bien souvent que l’instinct ou un système de défense. L’homme intervient beaucoup trop sur les territoires des animaux et subit les conséquences de ses actes.

Ce qui est très paradoxal, c’est qu’à l’époque où des livres spirituels voient le jour comme ceux de Don Miguel Ruiz ou Ekhart Tollé…les comportements individualistes sont de plus en plus nombreux.  Cette Littérature qui est censée (r)éveiller les consciences et annoncer l’avènement d’un Homme meilleur, nouveau, lavé de toutes ses passions les plus mauvaises ne fait qu’engraisser le marché de plus en plus lucratif du « développement personnel ».

J’ai l’impression que c’est presque le contraire qui est en train de se passer. Ou plutôt que nous sommes en train de creuser  un gouffre qui fend en deux l’humanité. D’un côté restent les  quelques rescapés des années 70 auxquels sont venus se rattacher celles et ceux qui se rallient à une cause qu’ils pensent juste pour eux et le collectif, et l’autre partie complètement aveuglée par le Culte de l’Avoir. Et c’est cette distorsion qui crée des tensions terribles entre ceux qui aspirent à un monde meilleur et ceux qui s’en moquent totalement.

Les consciences se réveillent chez pas mal d’entre nous, mais je ne peux m’empêcher de penser dans quelle mesure cette prise de conscience n’est pas une position de principe et non une mise en pratique d’idées altruistes et humanistes. Ce que je veux dire par là, c’est que ce n’est pas parce que l’on va tous les dimanches à la messe qu’on est pour autant un bon chrétien, aimant, tolérant et ouvert à la différence de l’autre, même celle (surtout celle…) qui dérange! 

Dans certaines conversations un tel ou une telle est mis(e) sur le banc d’accusation par le groupe pour condamner son comportement. Mais n’avez-vous jamais remarqué que c’est ceux-là même qui critiquaient l’absent qui se retrouvent à arborer des attitudes peu respectables et peu respectueuses. 

Qui sommes-nous pour condamner l’autre dans ses agissements?
Qui sommes-nous pour agresser quelqu’un verbalement et physiquement pour la simple et bonne raison qu’il nous dérange?

Je me demande ce qui est possible de faire pour construire un solide monde meilleur.

Pour finir mon article, j’aimerais parler de  la propagation de la colère et sa capacité à envenimer les relations et à les rendre parfois impossibles à vivre. Dans le recueil Contes des sages de l’Inde, lu il y a quelques années, une histoire du Bouddha m’a particulièrement marquée. Je vous laisse la savourer, en espérant que vous y prendrez autant de plaisir que moi.

 

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Le Bouddha enseignait partout où il passait. Or, un jour qu’il parlait sur la place du village, un homme vint l’écouter parmi la foule. L’auditeur se mit bientôt à bouillir d’envie et de rage. La sainteté du Bouddha l’exaspérait. N’y pouvant plus tenir, il hurla des insultes. Le Bouddha demeura impassible. L’homme fulminant quitta sa place.

Comme il avançait le long des rizières à larges enjambées, sa colère s’apaisait. Déjà le temple de son village grandissait au-dessus des rizières. En lui monta la conscience que sa colère était née de la jalousie et qu’il avait insulté un sage. Il se sentit si mal à l’aise qu’il rebroussa chemin, décidé à présenter des excuses au Bouddha.

Lorsqu’il arriva sur la place où l’enseignement continuait, la foule se poussa pour laisser passer l’homme qui avait insulté le maître. Les gens incrédules, le regardaient revenir. Les regards se croisaient, les coudes étaient poussés pour attirer l’attention des voisins, un murmure suivit ses pas.

Lorsqu’il fut suffisamment près, il se prosterna, suppliant le Bouddha de lui pardonner la violence de ses propos et l’indécence de sa pensée. Le Bouddha, plein de compassion, vint le relever.
– Je n’ai rien à vous pardonner, je n’ai reçu ni violence ni indécence.
– J’ai pourtant proféré des injures et des grossièretés graves.
– Que faites-vous si quelqu’un vous tend un objet dont vous n’avez pas l’usage ou que vous ne souhaitez pas saisir ?
– Je ne tends pas la main, je ne le prends pas bien sûr.
– Que fait le donateur ?
– Ma foi, que peut-il faire ? Il garde son objet.
– C’est sans doute pourquoi vous semblez souffrir des injures et des grossièretés que vous avez proférées. Quand à moi, rassurez-vous, je n’ai pas été accablé. Cette violence que vous donniez, il n’y avait personne pour la prendre. (2)

 

 

(1) Daniel GOLEMAN,  L’intelligence émotionnelle, J’ai lu édition intégrale, p. 89

(2) Martine QUENTIC-SEGUY, Contes des sages de l’Inde, Seuil. p.89

2 commentaires sur “Un monde meilleur, est-ce possible?

  1. bonjour,

    le 1er Juin, j’écrivais sur mon blog un article intitulé ‘un monde meilleur’…
    https://mindfulair.wordpress.com/2018/06/01/un-monde-meilleur/

    (les grands esprits…)

    Peut-être y trouverez-vous quelques recoupements pertinents ?

    C’est très interessant le contraste que vous notez entre l’explosion commerciale du développement perso/bien-être et bougui bouga New age … d’une part , et la croissance d’un individualisme forcené d’autre part.

    Justement, je me suis rendu à Cultura hier, et j’ai été frappé par la proportion d’espace occupée par les livres-produits autour de ces thèmes. J’en ai ressenti un certain écoeurement. ce tourbillon de pleine conscience, de carte divinatoires, de psychologie de comptoir, de raccourcis flatteurs…

    Flatter et cajoler…ce sont les deux axes marketing poursuivis.
    finalement, cela n’a pas grand chose à voir avec la pratique spirituelle authentique. Toujours simple et nu, elle n’a désespérément n’a rien a vendre, et rien a acheter.

    Merci à vous,
    bon Week end et à bientôt,
    Franck

    Aimé par 1 personne

  2. Chère amie de Tara, il m’apparaît que la violence ou la cruauté des mots (au mieux) dans notre civilisation, sont également le fruit d’un courant de pensée qui pose l’individu comme un être puissant ayant tous les droits d’expression, dans une démocratie bien ficelée. Depuis 1968, les psychologues et consorts ont mis un point d’honneur à libérer la parole, à interdire d’interdire… Petit à petit les mailles du respect se sont distendues. On dit ce qu’on pense pour se libérer des émotions envahissantes et boum, on fait mal. Et on le fait mal. Il faudrait y mettre les formes. A l’opposé de Franck, je trouve encourageant que la littérature du bien-être explose et fleurisse. Tout ce qui peut aider l’autre à s’ouvrir à son être supérieur , à sa spiritualité, ou à être mieux dans son corps et sa tête, est bon à prendre. Un simple livre, choisi parmi tant d’autres peut entrouvrir des portes de félicité! Depuis peu, les ouvrages d’Eckhart Tolle et de Deepak Chopra ont fait leur entrée sur mon chevet et ma foi, j’en suis fort aise. Ce sont des premiers pas. C’est important , les premiers pas 😉

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