endométriose·femme

"Un mammouth sur mon utérus"

 Un sujet qui tâche….non, qui fâche ? 


Je vais essayer de faire un article « dans les règles » de l’art pour parler d’un sujet de plus en plus connu au travers des médias.  Je crois que mon article risque de m’attirer des foudres…


Les mots « féminisme » et « clitoris » ont aujourd’hui le vent en poupe. Si si, vous vous baladez dans les rayonnages d’une librairie et on vous met droit sous le nez des livres sur le sujet. Je n’ai rien contre cette démarche, bien au contraire, je ne peux que soutenir une vision décomplexée du corps féminin et de ses secrets. Mais je me demande dans quelle mesure on est dans l’effet de mode ou dans le réel activisme?

Bref, tout ça pour en arriver au mot « endométriose », lui aussi plus connu aujourd’hui mais carrément moins fun que le clito, faut l’avouer.

On en parle partout  : sur les réseaux sociaux, à la télévision, à la radio…Et la marraine de l’association EndoFrance (que je salue au passage) est Laëtitia Milot. 

Mise au point : Qu’est-ce que l’endométriose? 

Je ne rappellerai que brièvement le descriptif de la maladie pour celles et ceux qui l’ignorent.

L’une des principales caractéristiques de cette merde  est la douleur lors des règles, c’est-à-dire lors du détachement de l’endomètre de la paroi utérine. 

Chez les femmes atteintes de la pathologie ce tissu peut remonter par les trompes et migrer afin de se « greffer » et se développer sur les organes de la sphère pelvienne et ainsi créer de vives douleurs puisque le sang ne s’évacue pas « normalement ». 

Pire, il reste, et forme parfois des nodules qui saignent tous les mois avec le reste. 

Les foyers peuvent être diverses et variés et l’endométriose a tendance à se greffer partout où elle peut : 

  • les ovaires, les trompes 
  • le péritoine 
  • le cul de sac de Douglas, le rectum
  • la vessie
  • les ligaments utérins
  • le côlon 
  • ….et plein d’autres endroits pour faire la fête

Lorsque la maladie pénètre dans le muscle utérin, on parle dans ces cas-là d’adénomyose.  Et ça fait mal…

Une des autres caractéristiques c’est l’infertilité. Étant donné que le « sang des règles » pousse là où il n’est pas convié,car  c’est un peu comme quelqu’un qui s’incruste lors d’une soirée chez vous, la fertilité peut se trouver amoindrie. Dans ces cas-là, il est parfois nécessaire d’intervenir par une opération ou de procéder  à des fécondations in vitro. 

Je ne vais pas détailler outre mesure tous les autres symptômes ou désagréments que rencontrent les femmes atteintes de cette maladie. D’une part parce que beaucoup de sites le feront bien mieux que moi et d’autre part parce que mon sujet n’est pas SUR la maladie mais 

sur comment ON LA REGARDE. 

Point de vue de « Mammouth ».

Si j’ai fait tout ce descriptif au début, c’est pour une raison bien précise. Je me pose la question du regard que l’on pose sur la maladie que ce soit dans le corps médical, dans les médias ou à titre personnel.  

Je fais partie de ces nombreuses femmes (parce que ce n’est pas rare du tout) qui en souffrent. Je passe tous les mois par des moments atroces et assez indescriptibles avec des moments meilleurs que d’autres.  Je ne veux pas parler de la douleur. C’est une perception parfaitement subjective et nous sommes tous et toutes différent.e.s face à cela.

Je fais surtout partie aussi de celles qui ont la conviction qu’on peut aller mieux, voire endormir les symptômes de la maladie et pourquoi pas la guérir. 

Je préfère aborder le sujet du « point de vue ». 

« mammouth »? 
Reste calme mon chéri!

Son analogie avec le mot « moumoute » est drôle et au départ involontaire. Tout est parti d’une fois où j’avais si mal que j’avais l’impression d’avoir « un mammouth sur mon utérus »… Cela a fait rire mes amies, depuis c’est resté!

Ce qui me gêne c’est qu’on aborde la maladie comme si on parlait d’une « criminelle » qu’on aimerait bien éradiquer. Bien sûr que c’est une intruse, un hôte dont nous aimerions nous débarrasser, mais je crois qu’avant d’abattre un ennemi il faut apprendre à le connaître et à l’apprivoiser. 

Comme on dit en langue des oiseaux quand on mal c’est qu’on a un « mal à dit »… Une pathologie quelle qu’elle soit a TOUJOURS quelque chose à nous dire, à nous faire comprendre. 

Rien n’arrive par hasard. 

C’est ma conviction.

Nous sommes par définition dans le corps où cette maladie se loge : apprendre à connaître son corps et ses réactions me semble primordial, même si ça passe par des moments très pénibles.  

Lorsque je me rends sur les forums de discussions, les femmes qui se battent contre cette maladie s’auto-proclament « warriors » et s’expriment sur leurs douleurs.  Je comprends ce vocabulaire et ce besoin de se faire entendre et soutenir par des personnes « comme nous ». Je m’y suis souvent identifiée. Mais aujourd’hui je me pose la question de la « guerre contre la maladie ». 

Pourquoi lutter? au lieu d’abord d’accepter et ensuite d’agir en conséquence. Si on lutte contre, on sera forcément dans la résistance. Or résister c’est s’opposer à ce qui est.

Je regrette l’approche symptomatique de la médecine allopathique. Le corps médical traditionnel ne propose que des anti-douleurs plus ou moins forts, des traitements hormonaux lourds de conséquence pour le système endocrinien. Les médicaments vont s’attaquer aux symptômes mais pas aux nombreuses causes potentielles de la maladie. 

Je suis intimement persuadée que nous sommes en grande partie responsable d’un potentiel mieux-être. Savoir dire non à ce que nous propose la médecine traditionnelle, se donner le choix est déjà un début. 


Je me souviendrai toujours du jour où ma gynécologue m’a proposé un deuxième traitement hormonal en plus de la pilule qui ne suffisait plus à arrêter les douleurs. 

Dès ce jour-là j’ai décidé de tout arrêter, et c’était en 2014. 

Depuis, je ne suis pas morte. J’ai subi les désagréments terribles de l’arrêt de la pilule, mais pour mon plus grand bonheur j’ai retrouvé ma sensibilité, et j’ai appréhendé mon corps et la douleur différemment. 

Accepter sa présence est déjà lui donner moins d’emprise sur nous. 

Ce qui m’inspire cet article c’est ce qui s’est passé le mois dernier où l’endométriose m’a empêchée d’aller travailler. D’habitude je parviens à passer outre, et à me rendre sur mon lieu de travail où je suis obligée de rester debout une partie de la journée. 

Cela m’a permis de réfléchir sur comment je comptais me sortir de cette dépendance à la maladie qui s’impose. Dès qu’on a passé la période de plaintes, que gagne-t-on? à part un ticket d’attente pour le tour de manège suivant. 

Afin d’éviter que chaque mois soit une « Foire aux ténèbres sanglantes », il est nécessaire de chevaucher (le mammouth) plutôt que de le fuir ou le combattre. 

Mais ce n’est pas facile de sortir du « communautarisme » de la maladie qui donne l’impression d’appartenir à un groupe et d’être quelqu’un à part parce qu’on souffre. 

Tout comme les futures mamans qui se battent pour accoucher en « Maison de naissance  » et non en Maternité traditionnelle, aller à contre-courant est difficile, surtout pour des proboscidiens. 

Il faut reconnaître les avantages apportés par la médecine allopathique. Les avancées sont considérables en chirurgie, en imagerie, en diagnostic. Mais on en oublie totalement que corps et esprit sont intimement liés et que le corps n’est pas une association d’organes isolés les uns des autres. Le systémique et l’holistique sont totalement oubliés dans les circuits classiques, ce qui amène de plus en plus de personnes à se faire soigner par des médecines alternatives (en tombant parfois sur de très mauvais praticiens, comme de très bons) parce que la médecine allopathique est INCAPABLE de les soigner, de les soulager ou de les aider. 

 Chaque femme atteinte d’endométriose n’est NI une VICTIME, ni une FAIBLE CRÉATURE, il y existe en chacune d’elle un POTENTIEL de guérison propre au corps et à l’esprit humain.  

 Je vous envoie sur le site d’une personne formidable nommée Julie Turcotte qui a réussi à se guérir de l’endométriose. 

Le groupe Facebook « Endométriose et Guérison » qu’elle anime et qu’elle a créé, a pour but de voir plus loin que la maladie et de tenter de l’apprivoiser dans une approche globale de soi et de son corps. 

Bonne lecture et bonne découverte! 



 

Un commentaire sur “"Un mammouth sur mon utérus"

  1. Que dire de plus à part « amen ». Je ne peux qu’adherer à cette vision de la maladie par forcément comme une cible à abattre mais parfois comme un animal sauvage à dompter, à chasser de son territoire, démarches qui nécessitent … de parler le même langage. Certaines maladies ne s’eradiquent pas, et nous devons vivre avec. Loin de rentrer dans une lutte systématique avec notre propre corps (puisque la maladie peut faire partie intégrante du fonctionnement du corps. Je pense à la mienne notamment, qui est indissociable de mon corps, qui a, pour des raisons variées, décidé de ne pas fonctionner comme celui du commun des mortels) il peut être intéressant d’envisager de comprendre la maladie pour mieux la cerner et s’en faire non pas une alliée (ce serait trop idyllique) mais au moins ne plus en faire une ennemie. Un peu comme si on décidait d’apprendre à manipuler un serpent avec le moins de risques possible, sans le brusquer pour éviter de se faire mordre, quand on est condamné à vivre avec un cobra.
    Donc merci, merci de cette déculpabilisation et de cette vision dénuée des préjugés et des égarements qu’on trouve parfois sur des sujets aussi sensibles. Plein d’escargots licornes aux coquilles arc-en-ciel sur ta route ! �� �� ��

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