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Le "Ghosting", un problème complexe.

 Alerte! Appelez SOS Fantômes 
ON A UN PROBLÈME !!!

« Ghosting » un terme dernier cri nous venant de nos amis anglophones. Ce mot est formé à partir de « Ghost », littéralement le « fantôme » en anglais. C’est devenu une expression générique pour parler d’une pratique plutôt inquiétante et symptomatique d’une société malade.

Depuis plusieurs années elle s’impose dans les magazines féminins . Ceux qui parlent de psychologie abordent aussi le sujet, souvent plus sérieusement, en faisant appel à des spécialistes pour tenter d’analyser le problème, car c’en est un.

 Pourquoi? parce que c’est une pratique courante, de plus en plus répandue dans notre société où la consommation des biens et des individus est devenue un « modus vivendi », une façon de faire, sans se préoccuper des conséquences que cela peut avoir.

De quoi s’agit-il?   : 
Si « Ghost » veut dire « fantôme » il y a fort à parier que nous allons parler de maisons hantées et de poltergeists. Un « ghoster » est une personne, homme ou femme, qui met fin à une relation amicale, amoureuse ou familiale sans prévenir et en faisant littéralement le mort.
Pfiou! Disparu(e) dans la nature et la personne qui vit cette disparition n’entend plus jamais parler du Casper.
Alors commencent de terribles journées et de terribles nuits de questionnements. Et là, pas de machine pour aspirer l’ectoplasme!

Pourquoi cette pratique existe-t-elle?  

Plusieurs raisons sont évoquées. D’emblée on pourrait penser à une forme de lâcheté de la part du « ghoster », incapable de formuler une véritable rupture face à sa victime. Mais les situations sont bien plus complexes et souvent aussi subtiles que peuvent l’être les sentiments humains, qu’ils appartiennent au domaine de l’amour ou de l’amitié.

  • Les premiers bourreaux sont-ils les réseaux sociaux?

Aujourd’hui les relations se sont codifiées autour de l’immédiateté. Se faire des « amis » facilement est  devenu un enjeu pour beaucoup d’internautes et l’on discute souvent longtemps avec des personnes que l’on est jamais sûr de rencontrer dans la vraie vie un jour.

Cela rend les ruptures par « ghosting » particulièrement faciles et étonnement accessibles. Les réseaux sociaux, à la place de « contacts » parlent « d’amis » ou de « followers » et le tour est joué. Un simple clic et vous êtes supprimé(e) de la liste « IN » de votre ex-ami(e).

La psychologie individuelle et l’estime de soi en prennent un coup puisque nous sommes entretenus dans ce paraître permanent.  Tout cela est illusoire et empêche parfois le discernement et l’intuition de faire son travail et de détecter avant tout méfait les traitres, les instables, les perdus susceptibles de faire du mal.

  • L’ère du numérique n’est pas forcément la cause de tout….  

Cependant la pratique existe aussi avec les personnes que l’on a rencontrées en chair et en os et avec lesquelles parfois une longue amitié ou une longue relation amoureuse s’est tissée pendant plusieurs années.

Numérique ou pas, relation longue ou courte : le résultat, de toute façon, s’avère le même et parfois l’engagement et l’implication de la « victime » sont tout aussi puissants et importants.

Accuser de lâcheté et de tous les maux les personnes qui pratiquent ceci, parfois plusieurs fois avec la même personne ou avec des personnes différentes, serait tomber dans une analyse simpliste. 
Non, quand une personne, quelle qu’elle soit, est amenée à rompre sans explications, a forcément au fond d’elle une raison de le faire. Que ce soit ou non une raison justifiée aux yeux de la personne qui le subit. Souvent c’est la peur qui joue un rôle, elle s’immisce dans l’esprit de l’autre qui ne sait pas comment faire pour couper le fil et qui s’en remet à la grande faucheuse plutôt que de formuler simplement « Je préfère que nous cessions de nous voir et de nous parler parce que je ne t’aime plus/pas ». Elle ne veut pas s’engager, elle a peur de l’engagement et de ses conséquences…. ainsi  la personne qui doit rompre ne veut pas faire de mal et pense qu’une rupture brutale passera mieux qu’une explication claire. Bien qu’elle se trompe c’est souvent cette solution-là qui est retenue. C’est vu comme une solution de facilité, parfois c’est le cas, parfois ce n’est pas le cas.

Le « Ghoster » peut aussi vouloir se protéger. Se protéger contre des réactions qu’il ne saura pas maîtriser. Des demandes encore et toujours d’explications impossibles à donner ou à formuler avec des mots. La crainte est sous-jacente mais elle est nuancée par la présence de la réaction de l’autre, car dans une relation on est toujours deux. C’est difficile de rompre et on ne sait jamais pourquoi l’autre fait silence, pourtant il y a bien une raison, même si elle parait improbable.

Pour d’autres situations encore, celui qu’on accuse d’être le bourreau, le coupeur de tête, a parfois été blessé par sa victime, sans que cette dernière ne s’en aperçoive ou ne se rende réellement compte du mal qu’elle a pu commettre si bien que la rupture paraitra toujours très difficile à supporter parce qu’elle ne comprendra pas pourquoi. 


Quelles sont les conséquences pour la « victime »?  

Une incompréhension totale, un choc émotionnel souvent sans pareil que l’on peut assimiler au « deuil ». La rupture est vécue comme une mort et les nombreux messages laissés sans réponse ne font qu’accentuer ce sentiment morbide que l’autre ne fait plus partie de ce monde.
La personne qui reste et qui attend qu’on lui dise pourquoi la rupture a eu lieu trouve souvent des « excuses » à son bourreau qui lui fait du mal. Elle se dit « Il/ elle m’aime mais n’ose pas me le dire et n’ose pas s’avouer ses sentiments »  ou encore  » Son amitié n’a pas varié, mais il/elle souffre tellement qu’il/elle préfère qu’on ne se voit plus ». Cependant le choc est là. Parfois cela peut virer en « érotomanie » ou en délire obsessionnel.

Ce genre de rupture est d’une violence sans pareille, d’une part par sa parenté avec la mort et d’autre part parce qu’elle laisse l’autre seul(e) face à ses questions. Parfois les victimes tombent en dépression, ou dans l’obsession,dans l’attente que l’ami(e) perdu(e) ou l’amoureux/se perdu(e) revienne et dise « Excuse-moi, je ne me suis pas rendu(e) compte de ce que je faisais, passons à autre chose, veux-tu?’
La confiance en l’être humain est trahie après ce genre d’événement, et il est complexe pour les victimes de refaire confiance. La plaie se panse et cicatrise avec le temps, mais les marques restent.

« Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé » 

En amour comme en amitié, on est toujours deux. Les deux parties ont leur passé, leur vécu, leur façon de voir la vie et les relations. Et dans une relation il est parfois difficile de tout contrôler, notamment les réactions de l’autre. Le « ghosting » pointe cependant le sujet sensible de la responsabilité dans une relation, mais aussi de l’abandon.  Chaque être humain, avant de devenir un adulte majeur et vacciné, a été un enfant et cet enfant avait besoin d’affection et de présence de l’autre, parent, ami, famille.
St-Exupéry dans son livre initiatique magnifique Le Petit prince fait dire au renard « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé » et cette phrase s’applique tant au bourreau qu’à la victime. Et il n’est pas nécessaire de faire une analyse infinie de cette citation, elle veut tout dire.

Les relations humaines sont si complexes qu’il serait réducteur de les résumer à un binarisme stupide avec un « méchant et un gentil » dans l’histoire.

C’est à chaque être humain de tenter de se comprendre et de voir comment il fonctionne et d’appliquer le merveilleux conseil inscrit sur le fronton du temple de Delphes »Connais-toi toi même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux ».


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