onirisme·réflexion·rêve·spiritualité

L’exode.

Escalier- Quartier Chantenay- Nantes
             Il y a peu, j’ai fait un rêve qui me donne envie de parler de l’exode. Que ferions-nous si nous étions à la place de ces peuples exclus de leurs pays, de leurs maisons, déracinés en somme de leur berceau parce que menacent des ennemis visibles, et invisibles ?

Qu’emporterions-nous comme biens matériels ? Serait-ce nécessaire de s’alourdir des bibelots, souvent inutiles, que nous accumulons parfois dans nos maisons ? L’avantage avec le monde onirique c’est que cela permet de faire des expériences non souhaitables dans la vie réelle.

          Les personnes d’une ville entière, traversée par un vieux chemin de fer, devaient abandonner leur propriété pour aller « je-ne-sais-où ». 

           Je me souviens parfaitement que nous n’étions pas à notre époque, le train n’était pas à grande vitesse et arborait encore la lourde locomotive noire reluisante si typique des moyens de transport du XIXe siècle. Certains s’enfuyaient à pied, d’autres se précipitaient dans les trains, jusqu’à ce que soit clamée la terrible rumeur du sabotage des rails. Dévoyé, l’un d’eux allait s’engouffrer dans la rue principale de la ville et tout écraser sur son passage. L’ordre avait même été donné de vider les prisons, libérant ainsi un grand nombre de criminels, d’ivrognes et de fous mélangés à la population.

La ville désertée prenait déjà des airs de ville-fantôme où pas un bruit ne vient rompre le silence pesant de la mort. Seuls quelques uns restaient prisonniers d’un choix à faire, la source du danger leur était inconnue, ce qui les rendaient incrédules, mais l’agitation de leur pairs ne laissait pas de les maintenir dans une profonde angoisse de l’agression, de l’ogre puissant dont les dents acérées auraient pu broyer leur existence. 

          Je faisais partie de ces hésitants, pétrie d’incertitudes je ne cessais de faire des aller-retour entre ma  maison et la rue paniquée . Puis je pris brusquement la décision de suivre le flot des cris et des peurs…sans rien emporter avec moi, m’attachant à une carriole inconnue au passage. Cet attelage me faisait penser à celui des nomades, transportant avec eux le strict nécessaire, une femme de type slave m’accueillit en souriant, elle tenta brièvement de me sonder de ses yeux bleus puis regarda la route. Je crois que j’étais effrayée, seule avec cette inconnue au regard translucide, sans bagages ni ressources, juste ma tête. 
Promenade auvergnate


             C’est là que cette réflexion sur la possession de biens matériels m’est venue à l’esprit. Outre quelques vêtements pour braver les différents climats, quelques vivres, et une maison simple nomade ou sédentaire, aurions-nous profondément, et réellement besoin d’autre chose pour être heureux ? Sur le chemin, ballottée par les mouvements réguliers effectués par le cheval, je me livrais à ces remarques intérieures, me disant au plus profond de moi-même, que le Bonheur n’est pas palpable, ni quantifiable, il est cette harmonie et cette musique de l’instant, sans passé ni futur, il ne se cueille pas, ne se vole pas non plus : il s’observe et se goûte. 

       Pour être honnête, j’étais profondément affectée par la perte de mes affaires et entendre d’autres personnes comme moi hurler la douleur liée à leur déracinement était un déchirement de plus. Je restais cependant persuadée que la clé de l’apaisement se trouve là, sous la foule des attachements auxquels nous sommes tous soumis à un moment ou à un autre de notre vie.

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