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La Galaxie

Galaxie- Maïna 2016- Encre- format A3

L’oeil central, habité par une lumière intense et froide, regarde avec étonnement les agitations de ses cils, siège des incessantes conversations des planètes entre elles.

 Imaginons, le temps d’un soupir, et libérés de toutes les contraintes liées à notre humaine condition, que nous sommes projetés, là-haut,pour écouter le son des galaxies et de leurs filles, les étoiles.

Oui, regarder fuser les couleurs entre elles, s’épouser non sans violence, le bleu se fait attaquer par le magenta, l’eau absorbe avec avidité toutes les petites fougères colorées qu’une simple goutte de couleur a tenté timidement de faire apparaître…Voilà ce qui doit sans doute se tramer, loin de nous, dans notre dos, aux confins obscurs de l’Espace.

Qui n’a jamais regardé le ciel en se posant la question « D’où viens-je? » D’où viens-je, moi être humain si frêle au milieu de cet océan atomique, dans ces brûlures de poussières d’étoiles, dans ce magma incessant qui bat au rythme d’un coeur géant…impalpable, et dont les dimensions resteront à jamais inconnues. Ne dit-on pas que l’Univers est en perpétuelle expansion?

Nos questions resteront sans doute à jamais perdues dans l’immensité stellaire, peut-être même cachées dans le coeur d’une Betelgeuse ou d’une mystérieuse Aldebaran..Etoiles auxquelles le dessinateur Léo a brillamment (si j’ose dire) rendu hommage dans ses cycles d’Aldebaran, que je conseille vivement.

Beta Virginis, Altaïr, Yildiz, autant de noms à consonances exotiques pour tenter de définir ce qui ne nous retient pas, mais qui pourtant nous gouverne tous : l’Espace.

 Parfois même, nous prêtons à certaines danseuses d’un soir, celles que l’on appelle filantes, alors qu’elles ne font que mourir sous nos yeux, les pires ensorcellements possibles, nous voyons en elles de fidèles promesses à la réalisation de nos souhaits. Le Poète lui-même se fait prendre au jeu, il avoue :

« Je regarde au ciel avec mon désir,
Car si, dans le temps qu’une étoile file,
On forme un souhait, il doit s’accomplir. »

Mais il n’y a pas que Coppée qui célébra ainsi la voûte qui nous protège.

 Avez-vous déjà remarqué , lors de la Nuit des Etoiles qui se tient chaque été dans les Observatoires astronomiques en France ou lors de promenades sauvages loin de la civilisation , le parfait arc de cercle illusoire et chimérique formé par la voie lactée…chemin idéal vers la Poésie du Monde.

 Je vous laisse avec ce poème d’Emile Verhaeren, poète symboliste belge dont la foisonnante production, bien qu’inégale, reste un véritable plaisir :

« Quand le ciel étoilé couvre notre demeure
Nous nous taisons durant des heures
Devant son feu intense et doux
Pour nous sentir, plus fervemment, émus de nous.

Les grands astres d’argent tracent là-haut leur route ;
Sous les flammes et les lueurs
La nuit étend ses profondeurs
Et le calme est si grand que l’océan l’écoute !

Mais qu’importe que se taise même la mer,
Si dans l’espace immense et clair
Plein d’invisible violence
Nos coeurs battent si fort qu’ils font tout le silence ! »

Un commentaire sur “La Galaxie

  1. Quel bonheur de constater qu'ici-bas il existe encore des êtres capables de questionnement sur les merveilles que nous offre la vie et auxquelles nous prêtons si peu d'intérêt. N'y a-t-il rien de plus beau que de s'étonner et de questionner? Les êtres humains ont la fâcheuse tendance à être occupés par des obligations, des devoirs, rongés par l'habitude, étreints par une routine, sans même s'en rendre compte au point d'oublier l'essentiel…
    Cette douloureuse aliénation nous l'acceptons car elle est invisible. Elle nous étouffe et éteint la vie. Face aux renoncements, aux peurs, aux conformismes et au manque de courage(osons le dire!), nous ne savons plus questionner. Merci de nous permettre, grâce à ce très beau texte intitulé Galaxie, de nous transformer,de rêver et de nous enrichir face à l'incomparable et infinie beauté du ciel, des étoiles et des astres lumineux auxquels nous prêtons si peu d'attention d'ordinaire et qui reprennent toute leur dimension grâce à cet étonnement sans lequel nous ne serions réduits qu'à acquérir une connaissance de plus: combien de planètes dans le système solaire? 8.
    Peu importe les réponses, seules comptent les questions. Comme l'écrit Elie Wiesel dans son récit autobiographique,La Nuit, « Chaque question possède une force que la réponse ne contient plus. » Existentialisme et poésie se mêlent en une seule voie délicieuse dans cette galaxie dépeinte par Maina. Lisez Socrate, Platon…y voyez-vous des réponses? non. Le charme serait rompu et la prétention indéniable. Emergeons d'un sommeil dogmatique dans lequel nous sommes enfermés pour nous éveiller et vivre pleinement tout en étant attentif à la nature et aux êtres vivants…tous les êtres vivants. Pensée magnifiquement traduite par Simone Weil dans sa correspondance avec Joë Bousquet: »L'attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité. »
    Prenons le temps de nous arrêter, de nous ouvrir à ce qui est, d'être attentif à la nature et à nos semblables pour nous laisser toucher en plein coeur car c'est de cet élan d'amour que jaillira le questionnement qui a le pouvoir de guérir le monde…
    Victoria

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